Voyage voyage : j’ai le mal des transports

Voyage : L'amour en mer, par Polo

Voyage voyage

J’ai le mal des transports

 

Vacances, j’oublie tout

Je suis nulle en voyages. Je trouve toujours que ça pollue trop. Car les seuls moyens de transport qui ne me donnent pas la nausée sont le vélo et le train. La nausée au sens figuré, en pensant à tout ce pétrole évaporé dans les airs. La nausée au sens propre, aussi, car j’ai le mal des transports, y compris en métro et même sur une planche à voile.
Mais surtout, découvrir la planète en la détruisant, y’a un truc qui m’échappe.

A pied, à cheval, en voiture, ou en bateau à voile : mon top 5 des moyens de transport, du pire au meilleur.

5. Comme un avion sans ailes

Pour aller à Barcelone en avion, même temps de parcours qu’en train mais par tranches d’1h dans des aéroports éclairés au néon où même votre baume à lèvre maison à base d’huile de coco passera pour du liquide aux yeux du contrôle laser (alors qu’on est à Manchester et qu’on est loin du point de fusion de 25°). Temps de travail sur votre blog : 45 minutes dans l’avion entre les deux consignes lumineuses. Ensuite faut encore parcourir le marathon sur des sols plastoc pour espérer récupérer sa valise sur un tapis roulant à suspens avant de regagner la civilisation au terme d’un encore long transfert.

Et puis ça pollue à mort. Il paraît même que les avions décollant d’Orly vident parfois  leurs réservoirs pleins sur la forêt de Fontainebleau pour s’alléger en cas de retour au bercail forcé et d’atterrissage précoce. Et hop un chouette brumisateur de pétrole imperceptible au sol. Beurk.

Et bien sûr, l’avion, ça me donne envie de vomir mon “mélange salé”.

Bref, je déteste.

5 ex aequo. Bateau sur l’eau

A moins de voyager sur un voilier, le bateau, ça pollue, c’est long et ça fout la gerbe. De retour d’un festival en Corse par gros temps, j’avais arraché l’autorisation d’aller sur le pont du ferry, sous peine de décéder de mal des transports et le crâne écrasé par le plafond des toilettes où j’avais élu domicile, tellement on faisait des bonds. C’était l’apocalypse, je n’étais pas la seule à rendre mon gâteau de châtaigne. Arrivés à Nice en retard, j’avais raté mon train pour Paris. Obligée de prendre le train de nuit ou un gentil contrôleur a eu pitié (ou peur de mon odeur) car il m’a ouvert un compartiment-couchettes pour moi toute seule, les trains ne comportant pas encore de compartiment pour femmes. Douce attention visionnaire car c’est en arrivant à Paris, en sortant du métro dans ma tenue de vacancière, qu’un gars du quartier m’a agressée, dans la série “balance ton cochon sauvage”.

Quelques années plus tard, retentant l’aventure avec une plus petite traversée en bateau pour l’Ile d’Yeu, sans autre choix, j’ai eu le mal de mer à l’aller. Je suis repartie plus tôt que prévu, quittant mon amant du moment, et c’est complètement shootée aux anti-nauséeux que je l’ai vu me faire un signe d’adieu depuis le quai pendant que mon bateau s’éloignait, moi dans un coaltar intersidéral, un peu anesthésiée mais au moins, pas nauséeuse.

Encore une plus petite embarcation : la planche à voile. Je pratique quand je peux depuis l’enfance. Tant que ça souffle, ça va. Mais un jour je décide de passer un mois à Barcelone pour pratiquer l’espagnol. Evidemment, il ne s’y parle que le catalan ou bien l’anglais. Je n’ai pas parlé espagnol. Je n’ai même presque pas parlé du tout. Un peu français, avec une compatriote rencontrée sur place, et avec Philippe Vandel sur Facebook, mais c’est une autre histoire. Pour tromper l’ennui, j’ai pris des cours d’espagnol et puis j’ai fait une virée à Valencia en car (hors classement, tellement c’était insupportable en plus d’être polluant). J’ai pris un airbnb chez une habitante qui souhaitait pratiquer le français. Ils m’ont embarquée en soirée puis manger une paëlla dans leur famille, sympa !
De retour à Barcelone, j’ai fini par m’inscrire à un stage de planche-à-voile. Le temps de reprendre mes marques et de feindre de comprendre les instructions du moniteur, hurlées en espagnol depuis son Zodiac, me voilà en train de fendre la bise avec mon harnais accroché à la voile, rasant la surface de l’eau. C’est là que je vois que la mer est infestée de grosses méduses roses. Je prends ça comme un challenge pour ne pas tomber mais, déstabilisée, je finis par perdre l’équilibre, et, toujours harnachée, à me laisser emporter par ma voile sur l’eau comme un gros caca. Mais au moins, je n’étais pas tombée dans l’eau. Je remonte fissa sur ma planche, et le temps de reprendre mon souffle, tout à coup, je suis prise de mal de mer. La méga louse.

4. Voiture : ça carbure

La voiture, c’est moche, ça fait du bruit, ça pollue, tant par la consommation d’essence que par sa fabrication. Ca rend les humains dépendants en leur faisant miroiter la liberté. Ca défigure le paysage avec toutes ces routes en béton, parkings, péages, stations-essence. Heureusement que la fin de l’or noir est annoncée. J’imagine souvent tout ça recouvert, poétiquement, de végétation, à nouveau. Car comme dit Pierre Rabhi, la nature se remettra du passage de l’Homme sur Terre.

A l’époque où je passais la moitié de ma vie à Bruxelles, j’avais trouvé comme solution économique le co-voiturage. Cette solution a aussi l’avantage d’optimiser la dépense d’énergie d’un trajet en voiture. De rencontres sympa dans des voitures pourraves à la BM à sièges chauffants, dont je suis l’unique passagère (cela suffit déjà à se demander pourquoi ce monsieur avait besoin de mes 15€), et qui finit par “je ne serais pas contre un petit plan cul” (la réponse à la question précédente), j’ai finalement trouvé un plan en or : des parents divorcés me payaient le Thalys pour convoyer leurs deux enfants un week-end sur deux et aux vacances. Ils avaient mis une annonce sur un site de co-voiturage spécialisé Paris-Bruxelles. J’étais pas fâchée. Aujourd’hui, le co-voiturage est bien mieux organisé qu’à l’époque, blablacar* a en effet réglé les problèmes de paiements et de lapins.

Mais bon, co-voiturage ou pas, j’ai mal au coeur en voiture.

3. Et j’entends siffler le train (toup toup toudoup)

En train, vous mettez 6h27 pour aller à Barcelone, mais vous avez le temps de bosser sur votre blog. Certes il faut aller à la gare avec ses bagages, mais les gares sont la plupart du temps centrales. Reste la question des tarifs : de nos jours, il faut s’y prendre le plus tôt possible, ma bonne dame, quitte à revendre son billet sur trocdestrains*, ou alors en acheter un d’occas’ au dernier moment. Cette bonne vieille loi de l’offre et de la demande. La norme est devenue : plus tu t’y prends tard, plus tu raques, tu es punis. Ah bon, pourquoi, y’aura pas de places pour tout le monde ? Tu vas pas me faire croire que quand ton tchoutchou est plein, t’en as pas un autre de derrière les fagots. C’est juste la technique de la terreur : “attention, il ne reste plus que 2 places à ce prix”, “57 personnes sont en train de consulter le même voyage que vous”. BOUH ! Et ben moi, la pression, ça me fait l’effet inverse, au final, j’achète pas de billet.

Et puis, surtout si je ne suis pas dans le sens de marche, j’ai la nausée.

2. 1km à pied, ça use, ça use

En théorie, je suis pour mais en pratique je ne suis pas fan d’être chargée comme une mule, ni d’avancer à la vitesse de l’escargot. Idem au quotidien, hors voyage. Faut dire que je me suis faite traîner, enfant, dans des promenades en montagne où j’étais toujours la dernière et que, quand enfin je rejoignais le groupe, il repartait. Le supplice de Sisyphe.

Au moins, à pied, j’ai pas envie de rendre, à vélo non plus.

1. A bicyclette : rétropédalage

Ah les “pédalades”. C’est Polo, notre cher illustrateur, qui m’a initiée. Un beau jour d’été il me demande si je veux partir “faire le canal de Nantes à Brest”, une heure plus tard il me trouve un vélo d’occas’, le lendemain matin nous étions dans le train pour Nantes avec tentes et sacoches. Ah les beaux kilomètres le long du canal, les déjeuners dans l’herbe, les restos du soir. Ah la belle gamelle dans une descente, ah le réveil avec le genou tout raide, ah le pliage de tente sous le déluge breton et les 15 bornes jusqu’à la gare la plus proche la jambe raide, en maillot de bain, cape de pluie et tongs. Dans une descente, en roue libre, je jure que j’allais à reculons, à cause des bourrasques dans ma cape de pluie.

Ca ne m’a pas vaccinée. Je suis devenue cycliste à Paris et quelques années plus tard, je suis allée voir des amis à Orléans en partant de chez moi à vélo. 4 jours dont un chez Décathlon pour crevaison. Ah la Beauce, se ravitailler en eau dans les cimetières, moins risqué que les fermes au niveau des chiens. Mal au cul, bien sûr, et mon compagnon de route dont c’était la première pédalade au bord de l’apoplexie dans les côtes, mais quelle sensation de liberté, avec trois culottes dans la sacoche, en arrivant héroïquement devant la maison de nos amis, 160 km plus tard.

Et dernièrement, dans la série “fromage ET dessert”, en train ET vélo, il y a eu le bout du bout du Finistère, atteint depuis la gare de Brest à vélo, avec pause à Lesneven dans une bonbonnière airbnb improbable. L’autonomie, sur place, un goût d’ancien temps, de rétropédalage, vivre au rythme de l’humain, l’histoire de toute une journée pour aller au marché à 20km de là. Et revenir avec juste ce qu’on peut fourrer dans nos sacoches. Du coup finir par se faire livrer un peu d’épicerie bio par webécologie* à la Poste la plus proche (5km) car ils ne livrent pas sur la presqu’île de Neiz Vran. Ben ouais.

Aujourd’hui, dans ma campagne où règne le 4×4 blanc, on me regarde comme une extra-terrestre à faire les allers-retours à la gare avec mon vélo non-électrique.

Je crois effectivement que je suis extra-terrestre.

Vélo à voile, par Polo


Webécologie

Trocdestrains

Blablacar

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2 commentaires

  1. Hors sujet de la semaine :
    En attendant Claude qui boit l’apéro chez des copines à nous (lesbiennes…. oui quoi ! nous avons de tout dans nos ami(e)s)
    Ah j’avais aussi le mal de mer sur une planche et aussi en voiture et aussi en bateau ….et mal au cul quand je fais trop de vélo ( fesses plates) .
    Mais maintenant terminé tout ca (enfin pour la planche je sais pas….faudrait que je tente à nouveau…mais je pense deja que pour monter sur celle-ci pffffftt) je peux lire à l’arrière de la voiture quand nous allons à Paris sans aucun symptôme ancien…. il paraît que ca vient de l’oreille hein Qu’est ce que tu dis.
    Ah voila Claude on va manger c’est une bonne heure .
    Demain chasse
    BIses
    Francis

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