Classes vertes : un été sans un radis

Les chiens galeux, par Polo

Classes vertes


Un été sans un radis

Pierre Rabhi, wwoofing et beaucoup de tomates

 

Les vacances, ça craint

Les vacances, globalement : ça pollue et ça consomme.
En vacances, personnellement : je m’emmerde.
Alors autant apprendre et s’occuper.
Quand en plus c’est vache maigre, il y a moyen d’emballer le tout pour le rendre écolo.


Sus aux chevreuils

 Dans mon trip “retour à la terre” de Parisienne, après les “qui suis-je, où vais-je ? ” et autres “où / quand / comment / avec qui / pour quoi foutre ?”, une petite question de rien du tout me vient un jour :
Suis-je faite pour le contact avec cette fameuse terre ou suis-je juste une écolo associative ?
Cette dernière possibilité n’arrangerait pas mes affaires car j’ai une légère aversion pour les punks à chiens et autres “chevreuils” (néo-hippies urbains)*.

Pierre Rabhi pour mon anniv !

Une année de vache maigre, l’idée me vient de changer de vie, d’aller vers l’autarcie : une petite maison au vert avec un jardin autonome, quelques concerts, quelques cours de guitare et roule ma poule. Ras-la-moule d’être intermitteuse à Paris.
Fauchée comme les blés, j’utilise des chèques d’anniversaire pour me payer un stage de “potager agro-écologique” dans le jardin-école de Pierre Rabhi, mon Love Symbol à moi.
Me voilà donc partie en co-voiturage, oeuf corse, vers l’Ardèche à l’approche de l’été, chez “Terre&Humanisme”* pour une semaine. L’amie que j’embarque et moi sommes les seules courges à ne pas déjà avoir de jardin ni même d’exploitation professionnelle en conversion bio.

Matins et brouillard

En musicienne noctambule, j’avoue garder un souvenir brumeux des matinées, mais un souvenir ému des déjeuners végétariens élaborés avec les légumes cueillis juste là.
Le stage est très instructif, bien qu’un poil prématuré par rapport à mon projet. J’ai pris des notes pour plus tard. En attendant, mes jardinières sont foisonnantes et mon ficus carrément mutant. J’ai la main verte.
En revanche, je n’oublierai jamais la conférence de Prince Rabhi et la balade pédagogique sur les sols. Surtout car j’avais des problèmes techniques de “free flow instinct”, voir l’article “Monstruations 2 : l’alternative ultime”.

L’été de la louse

A mon retour, je trouve mon immeuble en ravalement pour tout l’été. Mon seul horizon pour les deux mois à venir est un échafaudage et le doux chant des ouvriers dès l’aube.
Chaque après-midi, dès leur départ, je dépose avec amour mes plants de tomates rapportés d’Ardèche à même l’échafaudage pour leur faire prendre l’air.
Mais ils font la gueule : je dois finalement me résoudre à les emmener pousser sur la terrasse de ma mère, avec interdiction formelle de tout traitement.
La récolte sera à l’image de cet été-là : merdique.

S’en aller cultiver des tomates au soleiiiiiiil

A la fin de l’été, ma mère, officiellement inquiète de “perdre ses miles” m’offre un billet pour la Corse (en réalité inquiète pour ma santé mentale). Lors du stage en Ardèche, bien que peu sociable, j’ai en effet réussi l’exploit de sympathiser avec une productrice de tomates de Propriano en mal de petites mains.
J’avoue que j’y suis allée en avion. Difficile de faire la fine bouche alors que c’est ma mère qui régale, et qu’en plus j’ai déjà failli décéder de mal de mer lors d’un retour de tournée en Corse en bateau par gros temps.
Me voilà donc partie cueillir des tomates, hébergée par cette agricultrice au débotté. Elle en a bavé pour monter cette exploitation de 500m2 toute seule avec un coup de main de sa famille, dont sa mère chez qui elle stocke les légumes en attendant de les vendre, parce qu’il y a la clim’. Mais on vend chaque cueillette facilement au marché et aux restaurateurs du coin. Pourtant, on ne peut pas dire que je sois très commerçante.
J’ai également cueilli quelques haricots dont c’était littéralement la fin.

Wwoof wwoof

Voilà, c’est ça le wwoofing : du bénévolat dans des fermes bio (willing workers on organic farms).
En version plus structurée, le wwoofing ce sont des exploitations agricoles plus grandes ou des chantiers d’éco-construction où les “wwoofers” travaillent à mi-temps en l’échange du gîte et du couvert.
En communauté.
Au secours.
Mon expérience est plutôt de l’ordre du copining informel : on est aussi allé à la plage et à la soirée salsa du camping.

L'agricultrice corse, par Polo


*http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Chevreuil
*https://terre-humanisme.org/formation

 

 

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