Communiquer smart

Wifi land, par Polo

Communiquer smart

Allô, allô, monsieur l’ordinateur ?

Mon Mac est certes dégueu (je parle de mon ordinateur), tant par sa fabrication que par l’énergie qu’il consomme, mais je l’ai acheté reconditionné, moins pire, donc. A l’âge de 4 ans, il a failli décéder (mortalité infantile), mais mon pote Mac Gyver aux mains d’argent l’a ressuscité en lui greffant un nouveau disque dur de la mort qui tue en l’échange d’un resto végane (geek, sympa ET curieux).

Mon précédent ordi obsolète, à l’écran explosé et à la batterie zigouillée, je l’ai gardé juste pour pouvoir utiliser le scanner de mon imprimante, vieille de 12 ans (ado), réparée elle aussi aux Ateliers de réparation de la Trockette*. En effet, il n’y a plus de driver (logiciel) suffisamment récent pour utiliser ce scanner sur mon ordi actuel. Je suis contente d’avoir trouvé une utilité à cet ordi grabataire (10 ans, à la retraite depuis 5). Après avoir crisé en scannant des trucs à l’aveuglette, sans savoir où je cliquais, vu que l’écran n’est aujourd’hui qu’une tache noire, j’ai fini par acheter un câble pour le relier à mon écran déporté. Des joies simples.

Il se trouve que je viens de passer 2 mois sans connexion suite à mon déménagement. Ping-pong entre Frit et “l’opérateur historique” (né en 1988, comme mon frère, qui appréciera l’adjectif “historique”). Ils m’ont envoyé leur questionnaire de satisfaction à la con autant de fois que je les ai appelés : oui, la personne à qui j’ai parlé a tout bien bien fait, même si dire mon nom à chaque phrase me donne des envies de meurtre. Mais visiblement, d’après l’enquête récente d’Elise Lucet*, il serait bon d’envoyer également à cette personne un questionnaire de satisfaction sur ses conditions de travail chez Frit.

E.T. téléphone maison

Je suis passée chez Frit malgré moi, dans un moment de dèche, m’étant laissée voguer au gré des rachats Tiscali > Alice > Frit. J’ai l’abonnement à 29 et des bananes + 2€ d’appels illimités vers les mobiles, et de l’autre côté un forfait limité à zéro balle pour le portable. Donc j’appelle tout le monde depuis mon fixe. Et bien figure-toi que personne ne décroche. Je suis obligée d’appeler de mon portable pour dire que je rappelle du fixe. Un fixe doit être trop “historique”. Pourtant, j’ai un 09, merde !

Sinon, je textote en illimité : j’aime bien. Sans langage texto : je déteste. Oui, je suis vieille France, d’autant que je mets trois plombes à écrire sur l’écran tactile du dernier téléphone qu’on m’a refilé, toujours dans la série “refuge pour vieilles choses” (je parle de mon téléphone). J’ai des gros doigts de bassiste, j’y peux rien. Ce téléphone est potentiellement smart, d’ailleurs mais je résiste technologiquement, je me contente des MMS qui, au vu du faible réseau chez moi, ne peuvent être envoyés que quand je pose mon téléphone sur la poubelle de recyclables dans le jardin.

Ben ouais, même mon téléphone a un penchant écolo.

Consommer smart

Concernant l’ordi, tout est configuré en mode éco-nomique/logique de la luminosité à la mise en veille en passant par le moteur de recherche : j’utilise Ecosia*. Ils plantent des arbres. Sur un autre navigateur, j’ai installé Lilo*, histoire d’être cool aussi avec les humains : ils font dans l’économie sociale et solidaire.

Quant à mon téléphone portable pas malin, il a l’intelligence de ne pas réclamer souvent du jus.

La nuit, j’éteins tout ce petit monde, veilles comprises, à l’aide d’une prise multiple à interrupteur dernier cri. Je laisse juste ma box allumée (sans wifi, hein) pour que mon fixe soit fonctionnel, au cas où. Mais comme personne ne note mon 09…

Et puis les matériaux des nouvelles technologies en eux-mêmes sont polluants, voire toxiques, y compris leur production. Alors mieux vaut réparer et privilégier le seconde main. Quid du Fairphone* ? On ne peut plus dire qu’il est cher, vu le prix mirobolant du dernier Aïe Phone. Il limite en tout cas cette pollution, mais persistent d’autres effets polluants et toxiques collatéraux :

Téléphone intelligent : c’est malin !

Ne t’inquiète pas, je suis totalement scotchée à mon ordi, y compris aux mails et réseaux, enfin un seul résal, en fait. Justement, quand je sors, je n’ai pas envie d’être connectée, à donf sur les mails, au taquet des réseaux sociaux, bref : en laisse. Dans la rue, je regarde les armées de zombies qui manquent se prendre des poteaux en scrutant leur téléphone, les écouteurs sur les oreilles. Il y a aussi ceux qui imposent leurs conversations à qui ne veut pas l’entendre. Je les comprends car la surpopulation de la ville donne envie d’être seul au monde. Moi-même je tuerais une vieille pour entrer dans ce métro bondé et je passe pour une pimpin à faire de la méditation, les pa-pattes en rond et le regard fixe, au moindre quart d’heure de transport, ou encore des exercices de kiné maxillo-faciale. “Hiiii-bouuuuu, hiiiii-bou”, pas une seconde à perdre.

Et puis il y a les dîners où chacun met la main à la poche au moindre doute dans la conversation pour faire appel à son cerveau de substitution. A la moindre vibration, hop, la personne en face passe à la trappe. Comme si sans prévenir, je changeais de table au milieu de la conversation. Mais on est tellement ensevelis de sollicitations qu’il faut répondre tout de suite, pour ne pas oublier, pour suivre le rythme, c’est sûr. L’urgence n’est plus hiérarchisée, les frontières boulot/perso floues.
Il y a la nouvelle norme du “on s’appelle quand on y est”, au lieu d’un bon vieux rencard. Et puis après le rencard, il y a les nouvelles cruautés amoureuses comme le “ghosting”* (vent technologique).

Courir après les gens, et quand on les coince, ils sont ailleurs.
Le téléphone intelligent, c’est comme ma phobie des chiens : mon problème, en général, c’est plutôt le maître.

Au détenteur de rester smart.

Kikiphone, par Polo

 

Et sinon, il y a le courrier papier

J’utilise des enveloppes en papier recyclé, des timbres “lettres vertes”, soi-disant au transport plus écolo. Et puis je suis une des dernières adeptes au monde de la carte postale. Quand ma grand-mère était de ce monde, je lui envoyais inlassablement une carte de chaque ville où je passais en tournée. Ca me donnait aussi un but dans ce tourbillon de villes qui se suivent et se ressemblent, où on est tenté de rester boire des bières dans les loges ou regarder la télé à l’hôtel. Chercher une carte postale force à se promener dans le centre.

Et puis Grand-mère était contente, même s’il n’y avait plus de place sur son buffet pour accrocher les cartes. Alors je l’appelais sur son fixe à cadran pour l’entendre dire, après 46 sonneries : “J’écoute !”.

<3

 

*
Trockette
Cash Investigation : https://youtu.be/s5uHC6TN2wo
Ecosia
Lilo
Fairphone
Nouvel Obs : “nouvelles cruautés amoureuses”

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