Eau, électricité : contre-courant

économies d'énergie : Chutes du Niagara, par Polo

Contre-courant

Eau, électricité : on calme sa oij

J’ai beau faire de la méditation, du yoga et une psychanalyse, devant un robinet ouvert, une pièce éclairée inutilement ou un lave-linge à moitié rempli, j’ai des envies de meurtre.
En effet, dans mes pires cauchemars, nos enfants devenus grands (les vôtres, en l’occurrence) grillent comme du maïs transgénique au bord de la mer rouillant les pieds de la Tour Eiffel.
Cependant, je crains que le bilan écologique d’un assassinat ne soit pas rentable entre les déplacements des voitures de Police, l’incinération de la victime, sans parler de mon emprisonnement.
Peut-être que la cantoche de la zonzon sera bio.
Dans le doute, je m’abstiens.

Eau : on se la coule douce

La popote

  • Cuisine : je fais cuire à l’étouffée ou vapeur, ce qui utilise moins d’eau. Je recycle l’eau de cuisson des légumes direct dans la soupe ou pour faire cuire une céréale.
    Quand l’eau ne peut pas être réutilisée (genre celle du chou-fleur, ou autre truc faisant péter), je la jette bouillante dans l’évier pour prévenir les bouchons dans les canalisations.
  • Vaisselle : j’optimise l’eau. Je mouille tout à l’eau chaude puis je lave tout, puis je rince tout, dans un savant regrouping chorégraphié (genre tous les couverts ensemble).
    On dit que les lave-vaisselle sont peu gourmands en eau mais que dire de leur fabrication et de leur fin de vie ? De toute façon, la question ne se pose pas vu que ma cuisine fait 1,5m2 et qu’y siège déjà un lave-linge acheté en seconde main.

 

Le popo

  • Cabinets : j’en connais qui tirent la chasse dès qu’ils jettent un demi-mouchoir vaguement morvé. Bon moi, j’utilise des mouchoirs en tissu récupérés chez une grand-mère. En revanche, j’utilise toujours du PQ, recyclé (c’est la fibre qui est recyclée, pas le PQ sale en lui-même, pour les blagueurs). J’ai bien essayé l’expérience de ne plus tirer la chasse à chaque pipi mais j’ai vite eu l’impression de me retrouver dans les seules toilettes non condamnées du train de banlieue R pour la vallée du Loing. Reste la possibilité de faire pipi sous la douche, c’est toujours ça d’économisé dans la journée.
    J’ai obtenu de mon propriétaire (celui de mon appartement, plutôt) l’installation d’une chasse d’eau à double flux. Dans les faits, je n’utilise que le petit flux. Non pas que je ne cague pas. Néanmoins, le fait de caguer dans de l’eau potable me laisse tout de même perplexe.
  • Toilette : pour revenir à la salle de bain, comme il se doit après tout ça, encore une fois, j’utilise l’eau avec parcimonie. Cela vaut pour le corps, les dents et les cheveux. Sujets à retrouver dans la rubrique “S’embellir sans”.

Quand je tombe sur une baignoire, c’est-à-dire toutes les morts d’évêque, alors il m’arrive de prendre un bain avec plaisir. Mais j’essaie toujours de le partager.

Du balai

  • Ménage : côté eau, je garde celle issue de mon déshumidificateur électrique pour laver le sol, et après utilisation, je verse l’eau de lavage dans les toilettes pour leur faire un petit blanchiment au passage.

Oui, j’ai un déshumidificateur car je vis dans une petite champignonnière parisienne. “Le charme de l’ancien”, qu’y disaient. Je le fais fonctionner en mode “éco” quelques heures les nuits d’hiver quand le linge sèche et en mode “dry” le temps de ma douche. L’un dans l’autre, l’air étant plus sec, j’ai moins besoin de chauffer.

  • Lessive main : j’utilise aussi cette eau filtrée pour cet usage. C’est là que commencent les calculs pour l’optimiser : j’y fais tremper d’abord tel vêtement clair, puis un plus foncé, et idem pour le rinçage.

Cette eau filtrée ne peut pas être utilisée pour arroser les plantes car elle n’est pas assez minéralisée, m’a-t-on dit.

Et enfin, pour tous les jours, je préfère la balayette à l’aspirateur, ce qui me fait une merveilleuse transition énergétique pour le thème suivant.

Electricité : on la met en veilleuse

Fait froid : chauffage

Ma voisine, qui vit donc aussi dans une champignonnière, a l’habitude d’éteindre les convecteurs électriques quand elle part la journée. Je lui dis que ça consomme beaucoup plus d’éteindre pour rallumer le soir que de laisser le convecteur au minimum quand on est absent.

Peut-être que je l’ai convaincue ou faite fuir car elle est maintenant en mission en Irak, donc elle n’a plus ce problème, c’est plutôt clim-land. Je suis plutôt contre la guerre et contre la clim, y compris en voiture, surtout les fenêtres ouvertes, mais je ne m’étendrai pas car de toute façon je suis plutôt contre la voiture.

Chez moi, je n’éteins le chauffage que quand j’aère, quelques minutes pour les matins d’hiver, pour renouveler l’air, ou plutôt renouveler la pollution, sans trop refroidir les lieux, pour ne pas exploser le compteur en rallumant les convecteurs.

 

Fait chaud : frigo

J’ai également convaincu ma voisine de couper son compteur pendant ses voyages, et donc de dégivrer son frigo. Non seulement ça consomme moins d’électricité, mais moins de brouzoufs aussi. Et quand on le remet en fonctionnement, il refroidit beaucoup mieux, consommant beaucoup moins, donc.

Je ne règle pas le frigo trop froid et n’y mets rien de chaud : le rebord de la fenêtre de ma cuisine est une exposition permanente de casseroles qui refroidissent et autres machins qui sèchent.

Il y a celles, comme ma voisine, qui sauvent le monde en Irak, et celles qui le font à domicile.

Je suis Wonderwoman en télé-travail.

Ni chaud ni froid : chauffe-eau, lave-linge

  •  Ballon d’eau chaude : j’y ai fait installer un programmateur par l’électro d’un théâtre dans lequel je jouais. Comme ça, il ne chauffe que quelques heures et pas en continu, ça permet de garder la main. Je contrôle aussi la température de l’eau : ni trop chaude pour ne pas trop décoller le plomb de ce charmant immeuble 1930, ni trop froid, pour quand même assassiner quelques germes. Déjà qu’un ballon de 100L pour une minuscule champignonnière et sa schroumpfette, je trouve que ça fait beaucoup.
  •  Lave-linge : principalement à 30°, sauf linge de lit et de toilette, seulement quand il est assez rempli et bien sûr avec ma Lessive maison. Ensuite, pas de sèche-linge évidemment : je fais sécher mon linge à la fenêtre, à l’extérieur. Je suis d’ailleurs totalement contre, sauf en Italie où c’est charmant, mais côté humidité, j’ai assez de champignons, merci.
  •  Compteur : j’ai aussi fait installer un compteur jour/nuit, je programme mon ballon et mon lave-linge dans les heures creuses, ce qui fait en plus des économies tout court. Et une vengeance nocturne pour mes voisins qui me réveillent chaque matin. Nan, j’déconne, mon autre voisin direct est du soir à la RATP, il est aussi noctambule que moi. Ceux qui me réveillent à l’aube sont trop loin pour être gênés par mon lave-linge à 23h, malheureusement.

Techno : téléphone et ordi

Je les recharge juste le temps nécessaire, pas toute la nuit, donc, et je débranche le chargeur ensuite.

J’ai constaté que la batterie de mon ordi avait une durée de vie supérieure quand je la décharge totalement régulièrement. Je parle de durée de vie totale, pas d’autonomie. C’est un vendeur de Pommes qui me l’a appris.

Pour continuer sur le volet informatique, j’utilise des fonds d’écran noirs, navigateurs y compris, ainsi que l’appli “F.lux” * qui adapte la luminosité de l’écran à la lumière ambiante : je ne suis pas sûre que ça consomme moins, mais au moins c’est meilleur pour les yeux et ça empêche moins de dormir, je le jure sur la tête de mes anciennes insomnies après des soirées à bloguer.

 

 Consommables : ampoules et piles

  •  Ampoules : j’ai des basse conso, ce sont les LED qui consomment le moins, selon ma copine Jeanne, mais il faut prendre des pas trop blanches pour éviter l’ambiance Urgences. Et il faut faire une formation pour savoir les choisir, tellement c’est compliqué.
  • Piles : rechargeables à tous les étages, même dans mes pédales d’effets pour guitare. Moins d’autonomie que les jetables, et plus gros investissement de départ, certes, mais aussi gros gain de temps car quand y’en a plus, on recharge, et y’en re-na.

Et sur mon vélo, c’est dynamo, avec accumulation pour garder une lumière à l’arrière au feu rouge.

La piaule à Patate, par Polo

Quand je serai grande : plus schtroumpf que le grand Schtroumpf

 Quand je quitterai ma maison des Schtroumpfs, à la fois minuscule et champignonnée :

  • j’aurai une maison autonome en énergie
  • je récupèrerai l’eau de pluie
  • je jardinerai en permaculture
  • j’aurai des toilettes sèches
  • je ferai des smoothies en pédalant
  • j’aurai une Denise*
  • je passerai chez Enercoop comme notre vénérable illustrateur :

Blogueuse verte, par Polo
Polo, pourquoi as-tu choisi Enercoop ?

Plus que le gaspillage individuel, je pense que ce qui pollue vraiment c’est le système global dans lequel on vit, automobile, nucléaire, culte de la croissance et du profit. Et je ne parle même pas des pays comme les Etats-Unis, les plus gros pollueurs du monde…

Du coup je pense qu’il faut changer le système au niveau des institutions. Par exemple arriver à 100% d’énergies renouvelables en 2050. Ça n’est pas une utopie, comme le démontre cette étude très sérieuse et qui fait référence dans ce domaine :

https://negawatt.org/Scenario-negaWatt-2017

Passer chez Enercoop est donc pour moi une manière de changer le monde de manière concrète. Plutôt que de parler, d’essayer de convaincre et me faire traiter d’utopiste, voire de populiste et d’Ayatollah écolo, je préfère fermer ma gueule et agir pour faire aboutir au plus vite les idées de la société de demain.

 

Blogueuse verte, par Polo
Ca coûte plus cher, nan ?

C’est un peu plus cher mais ça vaut le coup. Le modèle d’entreprise Enercoop est une SCIC, c’est à dire une société coopérative d’intérêt général. Comme dans la bio et le commerce équitable, le prix un peu plus élevé est justifié par une juste rétribution des producteurs d’énergie propre du réseau Enercoop. Notons qu’une partie des bénéfices est réinvestie pour toujours développer le réseau dans une logique de remplacement total des centrales nucléaires. D’autre part, plus les gens seront nombreux à adhérer, moins ce sera cher. Au contraire de la SNCF qui augmente ses tarifs les jours d’affluence, ce qui pour moi est aberrant, Enercoop représente à mes yeux le nouveau modèle de service public à atteindre, basé sur l’économie solidaire et le pouvoir citoyen. J’ajoute que chaque adhérent est invité à devenir actionnaire de la SCIC pour 100 € l’action. Voilà qui est à la fois sérieux et révolutionnaire.

 

Blogueuse verte, par Polo
C’est chiant, l’inscription et l’installation ?

Rien de plus simple. On s’inscrit en ligne ou sur un simple coup de fil et ils s’occupent de tout, y compris la résiliation et la migration de votre abonnement EDF. Et en plus, les opérateurs que j’ai eu au bout du fil m’ont tous donné l’impression d’être ultra compétents, calmes, cultivés et engagés, avec de l’humour… Alors après “les Feux de l’Amap”, peut-être une SCOP story ?


*https://justgetflux.com/
*https://jarre.ca/products/la-denise-iii-la-section-sombre

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3 commentaires

    1. 3088 kWh / an dont 1699 en heures creuses et 1389 en heures pleines.
      Quant à l’eau, elle est comprise dans mes charges, aucune idée de ma conso.
      C’est grave, Dr ès climatique du bâtiment ?

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