J’suis nullipare : elle vécut heureuse et eut zéro enfant

J'suis nullipare, par Polo

J’suis nullipare

Elle vécut heureuse et eut zéro enfant

Une espèce ovipare pond des oeufs. Ok. Bien que mammifère, la femme dite “primipare” est celle qui pond son premier oeuf. Ainsi, “nullipare” ne signifie pas qu’on est une grosse naze, mais juste qu’on a pondu zéro oeuf.

Ca ne veut pas dire qu’on n’aime pas les enfants.
Ca ne veut pas dire qu’on n’aime pas ceux qui en ont.
Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas en avoir.
Ca ne veut pas dire qu’on n’en veut pas.
Ca ne veut pas dire qu’on en veut. Même si on a atteint un âge respectable.
Ca veut dire qu’on n’a pas d’enfant.

En commençant cet article, je me demande dans quelle catégorie le placer : “Consommer mollo” ? “S’embellir sans” ? “Se soigner alternatif” ? J’opte pour “LE débat est tout vert ?” car ça n’engage que moi. Ou plutôt ça ne concerne que moi, car il ne s’agit pas d’un engagement du genre du mouvement childfree (=enfant frit) mais d’un simple état de childless (=sans laisse) non tourmenté.

A ce jour, je n’ai juste pas eu les ovaires de me lancer avec un mâle reproducteur dans une aventure si engageante. Si ne pas avoir d’enfant ne me rend ni heureuse ni malheureuse, j’y vois tout de même quelques avantages. Mais à l’heure où mon horloge biologique sonnera le glas, si jamais je me tords l’utérus de remords, alors ces bonus me permettront d’un peu moins bader.

Dame Nature est une bitch

Avant toute chose, as-tu remarqué qu’une femme en chie toute sa vie hormonale ?

1- Règles = aÏe
Le corps étant en général bien fait, je me suis toujours demandé : pourquoi les douleurs de règles ? Dame Nature nous pousserait-elle à être enceinte pour ne plus avoir nos règles = pas bobo pendant une bonne année, si on compte l’allaitement ?

2- Accouchement = aaaAAAAARRRGGGHHHHHHHH

3- Ménopause = à la fin, comme chez Jacques Martin, tout le monde a gagné une bonne petite période relou, même les nullipares. Tout ça pour ça.

  • Le bonus nullipare écolo : heureusement que je suis zéro déchet côté protections menstruelles. Sinon toute cette histoire de règles aurait un bilan négatif, et ça, ça m’énerverait encore plus que mon syndrome pré-menstruel.

Accouche !

Une amie ayant tenté l’expérience m’a confié que pendant l’accouchement, le corps balance des seaux d’hormones anti-douleur tellement fortes qu’elle avait des absences. Bien ouèj, les hormones.

Il n’en reste pas moins qu’à voir le teint jaunasse de toutes les amies que j’ai été voir à la maternité, un accouchement, ça ne donne pas très envie d’y passer. D’autant que plus on avance dans l’âge, plus on a d’amies qui racontent leurs accouchements, moins ça donne envie.

Vu qu’à ce jour la césarienne n’est pas réservable à l’avance, l’accouchement a de grandes chances de vous déchirer le minou dans les grandes largeurs. Une petite épisio et ça repart. Pour les béotiens, une épisiotomie est basée sur le principe du PQ pré-découpé. Un petit coup de canif où je pense et ça canalise la déchirure causée par notre chère tête blonde. Au premier sens du terme “tête”.

Pourquoi fabriquer un enfant neuf alors qu’il y en a plein d’occas’ ?

Je vais t’en boucher un coin : je suis écolo mais pas de ceux qui pensent qu’on est trop nombreux sur Terre.

Avec un seul grain de blé, on peut nourrir toute la planète.

Par cette phrase, Pierre Rabhi veut dire que la faim dans le monde n’est pas due à la surpopulation ni à la pénurie alimentaire. Les denrées ne sont juste pas bien réparties. Non pas par la Nature, mais par les pays dits “évolués”. Pierre Rabhi, lui, apprend à des paysans du Sahel à rendre leur terre fertile.

Comme le promettait l’autre hipster en robe avec des piercings dans les paumes : Pierre Rabhi multiplie les grains de blé. Bon après, si on peut avoir plutôt un grain de blé ancien, ce serait mieux, rapport au taux de gluten, merci.

  • Le bonus nullipare : si jamais je venais à me flageller avec mes propres trompes du malheur de ne pas avoir eu d’enfants, il y en a plein sur Terre qui seraient très heureux de pouvoir combler ce vide. Je ne me suis pas renseignée plus que ça mais ça n’a pas l’air si simple, surtout pour une femme sans CDI professionnel ni marital.
    Il existe aussi des systèmes de prêt d’enfants, pas forcément orphelins, comme le propose France Parrainage*.

Adopte un poney, sinon

Après 7 mois dans mon nouveau village, mes relations se limitent à des échanges techniques avec mon propriétaire et aux employées du magasin bio qui n’ont plus besoin que je leur précise mon nom pour le compte-fidélité. Connue comme le loup blanc. Les trois poneys du coin, eux, accourent quand je vais les voir, mais je suis consciente que je ne suis à leurs yeux qu’une fournisseuse de pommes lambda. Ca m’arrange bien de leur refiler les pommes que je ne peux pas manger dans mon régime alimentaire, et que Mr Patate a du mal à killer tout seul, même s’il ressemble à un cheval. Elles sont moyen bonnes, dit-il. Il est plus regardant qu’un poney. Quant à moi, je ne les ai jamais goûtées.

En plus de ne s’intéresser qu’à mes pommes, ces poneys sont racistes : les deux bicolores foutent des ruades au noir. Des crevures, ces poneys, sous leurs airs de pas y toucher.

  • Le mallus nullipare : tout ça pour dire que si j’avais un enfant, je pourrais rencontrer des parents à la sortie de l’école. Je pourrais aller faire les sorties d’écoles quand même, mais ce serait louche.

La fin des haricots

Je ne grimpe pas au rideau à l’idée d’avoir ou pas un enfant, mais s’il y a une raison qui me retient de procréer, c’est bien l’avenir de notre planète. Dans quel monde laisserais-je un enfant quand je clamserai ? Je ne veux pas inquiéter les parents qui projettent de mourir un jour. Moi, je suis juste trop flippée pour ça.

Et pour refiler mes peurs à un enfant.
Et pour lui faire subir une éventuelle séparation. La preuve, je suis toujours traumat’ mille ans plus tard.
Et pour risquer de parler bronchiolite en boucle à mes amis.
Et pour me lever à une heure à un seul chiffre.
Et pour avoir mal où je pense.

J’entends parfois que c’est égoïste de ne pas avoir d’enfants. Avoir des enfants peut être encore plus égoïste si on le fait pour soi, pour combler un vide à tout prix, avec n’importe quel partenaire, pour répondre à l’appel de l’horloge, pour se fabriquer sa petite poupée, et sans avoir conscience qu’elle va vivre dans un monde pas gégène, et bien après nous.

Elle vécut heureuse et eut zéro enfant

J’ai deux neveux, une nièce et demie et une filleule, qui n’est autre que la fille de notre cher illustrateur. J’ai régulièrement ces enfants en location. Je réponds même au sobriquet “Tata”, distribue plein de bisous qui piquent au sommet de la tour Eiffel, au cinéma, sur les bateaux-mouches, au parc de la Villette, au musée en herbe, au jardin des plantes, et dans des gâteaux sans gluten pétris avec des petites mains.

J’ai une médaille du mérite pour “vomi sur la valise”, “pipi sur le parquet” et “caca dans la culotte”.

Ma soeur m’a dit un jour que je voyais les enfants comme les adultes : comme des personnes. De fait, il y a des enfants qui me touchent et d’autres qui me gonflent. Car pour moi, “aimer les enfants” ou “ne pas aimer les enfants” ne veut rien dire. C’est comme si j’aimais les gens ou je n’aimais pas les gens. Car à quel âge, dans ce cas, quel jour précis, se mettrait-on à les aimer ou ne plus les aimer, les enfants ?

BB vert de nullipare, par Polo


France parrainage

 

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