J’suis plus au vert

J'suis plus au vert, par Polo

J’suis plus au vert

Comment j’me suis fait chier à la campagne

Un an à la campagne. Bourron-Marlotte, Seine et Marne. Je voulais accorder mes convictions et mon mode de vie. Lancer un potager. Un an plus tard : retour à Paris.

Campagne : mes efforts pour sociabiliser

  • Sport : j’ai testé un cours de yoga qui s’est avéré être un cours de gym douce pour 3ème âge.
  • L’AMAP la plus proche était à 7km, chaud à vélo les soirs d’hiver, mais j’avais quand même un co-voit’ possible pour y aller au cas où je reste jusqu’à la prochaine saison. Le problème avec la campagne, c’est que c’est le royaume de la bagnole. La route principale de ce village est un parcours du combattant pour cyclistes et piétons de mon espèce.
  • J’ai sympathisé avec le salon de thé / galerie de Montigny sur Loing, branchés écolobio, ils aiment ma page facebook. Fin de l’histoire.
  • Je n’ai pas d’enfant à aller chercher à l’école pour me faire des potes parmi les parents. Bon à la fois, parler bronchiolites, ça me branche moyen.

Faut dire que je passais la moitié de la semaine à Paris pour mes diverses activités musicales et para-musicales, ce qui n’aide pas à s’implanter. Et que ma moitié de semaine à Paris commençait à s’allonger. A la fin, j’étais squatteuse professionnelle à Paris et je n’allais chez moi que 24h / semaine pour arroser mes tomates. Elles ont crevé.

En plus, j’ai jamais réussi à allumer ce putain de poêle.

Au final j’ai fait mes adieux aux poneys crevards qui ne m’aimaient que pour mes pommes et je suis revenue à Paris. C’est moche. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot.

Bouquet final à Bourron-Marlotte

En phobique du jetage, j’avais gardé mes cartons de déménagement en déménagement et j’en ai chopé d’autres au supermarché d’en face, dans lequel je mettais les pieds pour la première et dernière fois. Ils vendent de la merde mais ils sont gentils. J’ai voulu acheter du scotch de déménagement, histoire de les remercier, mais ils n’en avaient pas. Ils m’ont dit d’aller au tabac/presse. Fermé exceptionnellement cause rupture de stock. J’ai fini mes cartons au gaffeur.

De fait, j’étais plutôt adepte du magasin bio du bout du village, j’y avais laissé des cartes du blog. Bon je les défonce dans l’article Les Feux de l’AMAP 3 où je dis qu’ils s’approvisionnent chez Rungis et que j’ai fait 80 bornes pour me retrouver avec des produits moins locaux que quand j’étais à Paris. N’empêche que la dernière fois que j’y suis allée, la meuf était dèg que je parte, elle m’a proposé d’aller boire un café.

Si on ajoute à ces rencontres tous les locaux qui sont venus acheter tout ce que je vendais avant de déménager, et à qui j’ai adressé des signes de la main ensuite dans les rues du village telle la reine d’Angleterre sur son vélo non-électrique, on voit que j’ai rencontré plus de gens à quelques jours de mon départ qu’en un an sur place.

En effet, ce village de Seine et Marne sublime – et pour cause – abrite

  • des riches
  • des vieux
  • des familles
  • des chasseurs
  • un maire de droite (avé le FN en face aux dernières municipales)
  • des 4×4 blancs
  • des enfants blonds
  • des vélos électriques
  • quelques poivrots au bar d’à côté, certainement l’établissement le plus fréquentable du coin (après le gardien de chevaux)

Je ne connaissais que mon proprio, appartenant sûrement à plusieurs des catégories sus-citées. Option militaire à la retraite.

Potager : les carottes sont cuites

Je dois avouer que si j’y ai mis beaucoup d’énergie au printemps, j’ai un peu laissé crever mon potager en passant de plus en plus de temps à Paris cet été. En pleine canicule. J’ai tout de même fait des expériences et mes plants de tomates restés en pot sous ma verrière ont mieux poussé que ceux en pleine terre. Mais une fois sortis de leurs godets de printemps pour être plantés, tous mes enfants-tomates et laitues sont morts-nés.
J’ai tout de même mangé des radis, poussés avant les grosses chaleurs et ma désertion estivale. Et j’ai aussi fait des expériences d’emplacements pour mes aromatiques, car ceux en pleine terre n’ont jamais poussé. J’en ai donc replanté dans mes anciennes jardinières et testé plusieurs endroits dehors. J’ai fini par trouver celui où ça poussait, contre un mur pas ensoleillé toute la journée, et j’ai eu le plaisir d’emporter mon persil et mon thym home made dans mon nouvel appart’ parisien. Vestige de mon potager.
Mon ficus géant, increvable, y trône aussi. C’était chaud dans l’ascenseur.

La campagne à Paris
La campagne à Paris

Et maintenant, que vais-je vert ?

Pour l’instant, profiter de Paris et de mes amis. Ils m’aiment fort mais pas au point de se taper 80 bornes + 2 à pied pour venir boire un café. Certains l’ont fait, j’ai les noms.

La prochaine fois, j’étudierai mieux le contexte avant de m’installer. Mon critère principal était la proximité de la gare, rapport au vélo, le grand jardin pour faire un potager et le magasin bio du coin.

Peut-être qu’il faudra que je vérifie que la catégorie socio-professionnelle et l’orientation politique me correspondent mieux. Voir s’il y a des asso de gauchos (mais pas trop). Et puis faire un choix plus tranché, tout reconstruire ailleurs, sans m’accrocher à mon ancienne vie comme une moule à son rocher.

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6 commentaires

  1. Il faut dire aussi que la Seine et Marne doit etre le pire département français au niveau beauferie et cosanguinité. La campagne à moins de 150km de Paris n’est pas vraiment la campagne…

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