Mycoses : balance ta flore

Mycoses : 50 nuances de rose, par Polo

Mycoses

Balance ta flore

Madame, tu en as marre de harceler ton gynéc ou de courir à la pharma au moindre gratouillis ?

Monsieur, tu en as marre que Madame soit toujours en travaux ? En lisant ce mode d’emploi, tu pourras mener ta belle à la guérison et en tirer un avantage certain.
Parce que les mycoses, c’est pas la fête du slip.

Mes remèdes naturels pour bouter le champi hors de la grotte.

Ca vous gratouille ?

La mycose vaginale est une infection due à un champignon microscopique : le Candida albicans. Si elle résulte d’un déséquilibre local de la flore, elle peut révéler un déséquilibre général, en particulier de la flore intestinale. Car c’est par là que passent toutes les mini-bêbêtes. Gentilles ou méchantes ? Une question d’équilibre.

Quand la flore intestinale est faiblarde, comme après la prise d’antibio (une seule suffit, y compris quand on est enfant), certaines espèces résistantes peuvent tout à coup pulluler dans nos intestins, et, en sortant prendre l’air, aller frapper à la porte voisine, située à 1 tout petit cm de là, tout droit.

Toc toc ! Minou, y es-tu ?

Si la flore vaginale n’est pas vaillante non plus, là c’est le drame. Gratouillis, pertes granuleuses, rougeurs : une bonne vieille mycose.
En gros, une mycose n’est pas contagieuse : on se l’auto-refile. Inutile donc de demander à Bobonne où c’est qu’elle est allée traîner ses guêtres, et de flipper qu’elle te la refile.

Traitements : c’est grave docteur ?

Pour soigner une mycose, un gynéco classique prescrit un ovule pour l’intérieur et une crème pour l’extérieur. En cas de récidive abusée, c’est-à-dire plus de 6 crises par an, il peut prescrire un prélèvement pour voir ce qui se trame là-dessous.

Il peut aussi prescrire du fluconazole (Triflucan, Beagyne), un médicament anti-fongique (=anti champi) par voie orale. C’est radical : plus d’attaque de champi pendant tout le traitement. Mais ça reste un traitement symptomatique : pendant la trêve de gratouilles, c’est le moment de se faire prescrire des probiotiques spécifiques de chez Pilèje par exemple, ou par voie vaginale pour reconstruire la flore pendant ce temps. Sinon, récidive assurée.

Le problème des médocs : j’me gratte la tête

Les ovules et crèmes pharmaceutiques sont très agressives pour nos petites muqueuses toutes roses, dixit mon gynéco-star*. Moi, ça me filait des démangeaisons, et c’est  l’inverse de l’effet recherché.

Le fluconazole tape sur le foie, à la longue, et surtout ne fait que masquer le problème de fond.

Il est à noter que tous ces médicaments sont remboursés par la sécu, y compris les antibiotiques qui exterminent la flore en premier lieu. En revanche, les probiotiques, qui auraient des effets plus durables, et éviteraient donc d’avoir à nouveau recours à des médicaments, ne le sont pas. A qui profite le champi ? J’me gratte la tête.

Sur le même thème, la mycose vaginale est une maladie de riche. En effet, dans les villages africains qu’a visités mon acupuncteur et référent, loin des villes, il n’y a pas d’antibiotiques, peu de viande, pas de lait. Ces produits de riches qui n’ont pas que des effets bénéfiques. Dans ces villages africains, les femmes n’ont presque pas de mycoses. Et quand ça arrive, elles se font une bonne décoction d’ail et gingembre des familles. Une compresse imprégnée et zou, on n’en parle plus.

Mycose : mes remèdes maison

Naturels, peu coûteux et efficaces.

  • Pour l’extérieur

    – 10 ml d’huile végétale de jojoba, de bourrache
    à défaut, huile d’amande douce, d’olive….
    > Je réutilise un flacon vide d’une des huiles essentielles suivantes :

– 20 gouttes d’huile essentielle de Géranium Bourbon
– 33 gouttes d’huile essentielle de Tea Tree
> Je remets le compte-goutte, si possible, je mélange et j’applique quelques gouttes de ce mélange 2 à 3 fois par jour pendant une semaine. Effet fresh et soulagement immédiats.
Ce mélange fonctionne aussi pour le “pied d’athlète” (mycose du pied).

 

  • Pour l’intérieur : aïe

L’ail est un antifongique puissant. Tu me vois venir. La forme d’une gousse d’ail ressemble étrangement à celle d’un ovule pharmaceutique. Ben voilà, t’as compris.

1-Enlever la première peau en faisant attention de ne pas entailler le deuxième, plus fine, ça pourrait brûler.

– Certaines adeptes conseillent de piquer la gousse superficiellement une fois ou deux
– On peut aussi l’envelopper dans une gaze lubrifiée à l’aloe vera
+ Astuce pour celles qui ne sont pas fans de spéléologie : coudre un fil directement dans la gousse ou la gaze pour faciliter le retrait

2- A ce stade des opérations, je conseille de se laver les mains avant de se l’introduire pour ne pas que ça pique la vulve. Une fois à l’intérieur, bien au chaud, on ne sent rien. A part l’ail, y compris de la bouche.
La preuve que la paroi vaginale est une des plus absorbantes du corps. Encore plus que celle qui absorbe les suppo. A se demander pourquoi on continue d’ingurgiter des médocs par la bouche, qui doivent être surdosés, encapsulés et tout le tintouin pour qu’il en reste quelquechose après l’épreuve de l’estomac.

3-On la garde toute la nuit, et on la retire le lendemain. On peut renouveler jusqu’à 5 nuits d’affilée si besoin. (Ca tient aussi en place la journée…)

My name is “Cause”, “Mycose”

“Dans mycose il y a cause” : phrase mémorable qui m’a fait changer de psy. Je suis pourtant adepte du calembour, mais le côté freudien du gratouillis, doublé d’une culpabilisation du malade, m’a légèrement gonflée. Oui, la mycose peut être favorisée par le “stress”, ce bon vieux fourre-tout du médecin qui ne trouve pas la cause. Mais d’où vient ce fameux stress ? Parfois de la maladie elle-même, par appréhension ou par dommage collatéral.

Si, comme moi, tu as une mycose au moindre coup de euh bambou, ce n’est peut-être que la partie émergée de l’iceberg. Moi, je suis champignonnée jusqu’à l’os, depuis longtemps, et les mycoses vaginales ne sont qu’un des symptômes : Guerres intestines : qui est Candida ? Je vois tout ça de manière globale.

Depuis que je travaille à bouter le champi dans les grandes largeurs et que je sais comment soigner les crises de manière autonome, je vis tout ça beaucoup mieux : j’ai moins de crises et elles m’angoissent moins. Plus besoin de courir systématiquement en urgence chez le gynec, puis à la pharma au moindre picotement. Ce qui ne m’empêche pas d’aller me faire ausculter régulièrement, pour voir. Les dernières fois, tout allait bien. Les dernières irritations en date n’étaient que des séquelles dues…. aux traitements pharmaceutiques à répétition.

Dr Bobo, roi des champi, par Polo


*A lire : “La révolution rose”, par le Dr Jean-Marc Bohbot et Rica Etienne

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