Contraception : J’sors couverte

"J'suis verte" super glam, par Polo

Contraception

J’sors couverte

 

A l’heure où ça pond en rafales autour de moi, conséquence mathématique des lâchages de début de printemps, je me sens d’humeur rabat-joie. En tant qu’experte es évitement des spermatozoïdes, laisse-moi te parler de contraception.

Au commencement, était la capote

Au début d’une relation, la question est ailleurs et autrement plus dangereuse qu’une grossesse. Sida, Papillomavirus, Chlamydia, Herpès…. Toutes ces maladies sexuellement transmissibles peuvent s’incruster sans prévenir dans notre plan du samedi soir. Bref, en début d’histoire, pas de question à se poser, de toute façon c’est capote, et ça tombe bien parce qu’en général on n’en est pas à se reproduire.

C’est ensuite, au moment de se jurer fidélité en mangeant des cacahuètes devant un western en faisant tournicoter notre dernière capote dans les airs telle un lasso, et en échangeant nos tests HIV négatifs valant contrats de mariage que se pose la question de la contraception.

La pilule : dure à avaler

Je l’ai prise jeune, même parfois uniquement pour un traitement de cheval contre l’acné pouvant provoquer des malformations foetales. Donc : on te stérilise chimiquement pour pas avoir d’embrouille, en te demandant, pour verrouiller l’affaire, un test de grossesse négatif chaque mois avant de te re-prescrire le médoc anti-boutons. Il y a des fois où j’ai passé ce test de grossesse non seulement sous pilule mais sans avoir vu l’ombre d’un loup pendant tout le mois, voire même pendant mes règles. Test négatif triplement assuré. Mais faut bien faire marcher l’industrie pharmaceutique et protéger le corps médical.

Une sacrée merde, ce Roaccutane, au passage. Le dermato m’avait dit que quand je trouverais « chaussure à mon pied », l’acné disparaîtrait. Il s’est en fait arrêté des années après, quelques princes charmants plus tard, simplement lorsque j’ai arrêté de manger du blé et du lactose, auxquels je suis intolérante.

Quoiqu’il en soit, mes anciens problèmes de peau ne m’ont pas empêchée de pécho, et de devoir par conséquent plancher sur la question de la contraception. Sortie de ces traitements contre l’acné, j’ai commencé à développer des problèmes veineux, d’autant que je clopais à l’époque. J’ai aussi pris quelques kilos, moi qui suis plutôt du genre asperge. Ajoute à ce charmant tableau une chute manifeste de la libido et la contrainte de la médication quotidienne : ça donne envie d’aller voir ailleurs niveau contraception.

Stérilet, anneau, implant : la fête aux hormones

Mon problème avec la pilule, ce sont les hormones. Même archi-nano-dosées, j’ai du mal avec le côté apprenti sorcier des humains « développés ». Il suffit de quelques années de recul pour qu’un scandale éclate sur les effets indésirables de tel médicament vendu initalement comme le miracle dernier cri. Avec les années, j’ai développé une légère aversion pour toute intervention sur le fonctionnement naturel de mon corps. Ainsi, toutes les alternatives que me propose mon gynec préféré ne me disent rien :

  • anneau à glisser où je pense chaque mois, certes moins contraignant que la pilule, mais non remboursé par la sécu : hormones
  • implant à glisser sous la peau durablement : hormones
  • stérilet aux hormones : hormones

Stérilet sans hormones « au cuivre »

C’est un genre de mini ancre introduite dans l’utérus qui empêche mécaniquement qu’un éventuel œuf s’accroche là comme une huître à son rocher. Remboursée, en place pour 5 ans, en théorie, ce serait ma contraception idéale. En pratique, mon gynéc n’est pas chaud cause ça fait saigner comme une gorette « dans les premiers temps ». Comprendre pendant quelques mois. Genre 12. Au moins. Presque non-stop ou en tout cas sans prévenir, sinon c’est pas drôle. Le hic c’est que tout ça fait perdre beaucoup de fer, ce qui n’est pas une bonne chose pour une endive anémiée de mon espèce. La faute à mon champi qui fait des trous dans mes intestins. (Mais oui, j’étais déjà carencée quand je mangeais de la bidoche.)

Et puis, si on prend un contraceptif c’est quand même pour pouvoir faire l’amuuuuuur pépouze sur une peau de bête végane devant la cheminée au bois recyclé. Alors l’ambiance « Dents de la mer » permanente, au bout d’un moment, deviendrait en soi un contraceptif assez puissant.

Je ne vais pas rentrer dans les stats’ mais juste pour la poésie, j’ai deux copines qui sont tombées enceintes avec un stérilet au cuivre. On le voit même qui fait le malin sur l’échographie.

Diaphragme

Bon là, ça commence à devenir relou parce qu’il faut l’enfourner avant le « rapport » pour qu’il boute les spermatozoïdes tel un bouclier de silicone. Il doit falloir un diplôme de devin, ou alors être adepte du programmed sex. Mais en plus, ce n’est pas fiable, alors pour buter les tétards avant même qu’ils arrivent au rempart, il faut utiliser un gel spermicide en plus, qui défonce la flore vaginale. Donc irritations / infections > no sex > pas rentable. Mais rien de tel qu’une bonne mycose pour vous décourager de faire des bébés, à la fois.

La capote : oh oui !

Préservatif féminin : la seule fois où j’ai essayé, j’ai tellement ri que rien n’a été possible. On peut donc en conclure que son rôle contraceptif a été rempli, d’une certaine manière.

Mais au final, ce qui joue un rôle contraceptif et qui protège en sus des maladies vénériennes, c’est bien la capote. Quand on n’a pas de contraceptif, ça motive pour ne pas oublier de l’enfiler, ce qui peut être une bonne chose en début d’histoire, avant le test HIV. Et puis quand on est dans une période sans, on ne prend pas de contraceptif pour rien, au cas où : notre corps est complètement freestyle. J’aime l’idée de le laisser fonctionner naturellement, aussi léger que la sacoche d’un cyclo-touriste.

Evidemment, ce n’est pas remboursé. Evidemment, ce n’est pas réutilisable (bonne blague n°1 à destination d’une écolo). Evidemment ce n’est pas aussi glam que dans les films. Mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux, pour l’instant.

Préservatif éthique : telle est ma quê-quête

Il n’existe pas à proprement parler de préservatif bio. Jetable par nature, il n’est donc pas très durable non plus, au-delà de ses 5 minutes de gloire. En revanche, on peut faire attention aux critères suivants :

  • Latex naturel = non traité chimiquement
    la marque RFSU en commercialise, par exemple, en vente sur Plim
  • Commerce équitable = humains mieux traités
  • Végane = sans caséïne (protéines du lait) = vaches tranquillos

Il existe aussi les options :

  • Sans latex, pour les allergiques
  • Sans gluten, pour les allergiques chez Green Condom
  • Halal = pour ceux qui ratissent larges
  • Petit / gros kiki (+ végane + latex naturel)

On trouve tout ça et d’autres options très spécifiques dans cette boutique ou sur son site, que je cite pour le plaisir du nom : Le roi de la capote

Moi j’ai choisi la marque Fair Squared que j’avais découverte au prix de recherches fastidieuses il y a quelques années. Elles sont naturelles, commerce équitable (et halal). Je les avais commandées en Angleterre en vrac par 100 pour rentabiliser la livraison : moins cher, moins d’emballages et optimiste. Les capotes sont bien sûr emballées individuellement (bonne blague n°2). Aujourd’hui, je les trouve pour le même prix en magasin bio, c’est-à-dire 6,50€ la boîte de 10. C’est équivalent aux marques classiques.

Dans ma quête de perfection, j’ai même essayé la version non lubrifiée pour pouvoir utiliser du lubrifiant estampillé « bio », lui. Pas concluant.

Oui, il existe des préservatifs en boyaux de moutons (bonne blague n°3), mais ce n’est pas végane, alors je n’en ferai pas la promo, d’autant qu’ils ne protègent pas contre les maladies sexuellement transmissibles.

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Il y a aussi d’autres méthodes comme la vasectomie ou la ligature des trompes, à méditer.

La retirette, j’en connais plus d’un qui en est né, ainsi que de la méthode Ogino. En revanche, une méthode plus moderne basée également sur la prise de température permet de limiter l’usage des préservatifs à quelques jours ciblés dans le mois. Pas mal. Mais je trouve que les calculs et l’inquiétude sont anti-plaisir.

Et pis sinon, il y a l’abstinence.

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6 commentaires

  1. Bon, c’est pas génial tout ça. J’ai élaboré une autre solution qui me convient depuis 25 ans (j’avais arrêté la pilule qui me faisait les jambes lourdes, vraiment). D’abord très bien se familiariser avec son cycle et les sensations qui font qu’on repère très bien à quel moment on se trouve. Pendant la période de conception (largement estimée à 10 jours): préservatif. Pendant tout le reste du cycle : ovule contraceptif, le geste est facile et ça ne se remarque pas. Il y a des livrets qui expliquent bien le déroulement du cycle et les sensations qui permettent de se repérer. On note sur son carnet aussi évidemment. Je n’ai pas beaucoup communiqué sur cette méthode (ça faisait un peu catho ringard avant), mais maintenant vu le rejet des hormones… ça peut être regardé de plus près. Je n’ai jamais aimé l’idée de participer au rejet des hormones dans les eaux. Je précise que je suis toujours tombée enceinte dans les deux mois quand j’ai voulu un enfant, et qu’au final j’ai eu moins d’enfants que je n’en voulais…snif. Donc j’ai pas été débordée de naissances non voulues, non. Des bises!

    1. Salut Emma,
      Quid des ovulations spontanées qui peuvent avoir lieu en dehors des clous ? Par exemple, j’ai plusieurs amies qui ont été fécondées pendant leurs règles. Une autre amie travaille au planning familial et voit passer ce genre de cas à longueur de journée… Je crois que je préfère profiter du moment avec insouciance avec capote plutôt qu’un doute m’habite

  2. Bonjour,

    Ste Barbe obligé je lis seulement ton épisode …c’est vraiment drôle mais quelle tristesse pour arriver à faire l’amour sans risque … je mesure la chance que j’ai eue de ne pas me poser de questions sur l’avenir de mes spermatos.
    Bon il y a une solution ultime que tu n’as pas encore envisagée … c’est l’âge ça résout tous les problèmes. Bonne semaine sans abstinence ;+)))

  3. Bonjour!
    Je découvre avec plaisir ton blog, mais là je suis obligée de réagir par rapport au stérilet cuivre: j’ai adopté cette solution depuis bientôt 8ans, et même si il a des inconvénients, on est loin de la situation hémo ragique que tu décris!
    En fait le cuivre, qui a un effet spermicide, rends le sang plus liquide. Ajouté à l’inflammation légère mais permanente que ce corps étranger provoque dans la muqueuse utérine (qui empêche la nidation en cas de fécondation) et paf, règles plus abondantes (mais seulement pendant les règles!)
    Après, chacune réagit différemment. Certaines supportent très bien, d’autres pas du tout. Moi il a fallu que je quitte monsieur pour retrouver un cycle serein, comme quoi…
    Il faut bien choisir sa/son gyneco, certains/nes n’acceptent pas de poser de stérilet si on a pas eu d’enfants. Perso je vois pas où est le problème vu que j’en ai pas… cela dit ce n’est pas anodin.
    Il y a des risques de complications en cas d’infection vaginale qui peut remonter le long du fil… et des risques de perforation de l’utérus si il est mal posé/ pas adapté…
    Mais je vous rassure, le risque d’avoir un accident de voiture est plus élevé
    A chacune de peser le pour et le contre, l’important c’est d’avoir les bonnes infos!
    Sinon tu as oublié l’homosexualité comme contraception :p

    PS: moi mes dessous de bras ils sentent la patate crue… dis, on pourrait faire de la soupe?

    1. Merci pour ton commentaire. Comme je l’écris, j’ai déjà des règles abondantes, et mon taux de fer est toujours faiblard, mon gynec n’est pas chaud pour accentuer les saignements (mais il pose des stérilets à des nullipares). Ma soeur et d’autres amies ont aussi eu des saignements en dehors des règles pendant très longtemps, des infections gynéco plus souvent (et j’ai déjà un terrain https://jsuisverte.com/guerres-intestines-candida/), voire carrément des bébés, même si c’est exceptionnel. D’autres n’ont carrément pas supporté la pose, elles ont dû le faire retirer en urgence pour cause de douleurs violentes. Dans l’idéal, je préfèrerais grandement utiliser le stérilet au cuivre mais pour l’instant, j’en reste aux capotes https://jsuisverte.com/contraception-jsors-couverte/.
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      Merci
      JV

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